#The innocents- Un film de Eskil Vogt- Avec Rakel Lenora Fløttum, Alva Brynsmo Ramstad, Sam Ashraf, Mina Yasmin Bremseth Asheim
La petite Ida emménage avec sa soeur Anna et ses parents dans un immeuble résidentiel.
Triste de perdre ses amis, elle cherche rapidement a nouer contact avec les autres enfants dans la cour du grand ensemble, mais ils ne sont pas très nombreux en cette période de grandes vacances.
Elle est néanmoins approchée par Ben, un garçon solitaire, qui "veut lui montrer quelque chose".
Je crois que plus ça va plus j'aime les films qui s'accrochent à leurs parti pris, d'autant plus quand le sujet de départ est original.
Je constate que lorsque le réalisateur ne démord pas de sa vision de départ et tiens jusqu'au bout son projet, il y a de grandes chances que son pari réussisse.
C"est lorsque sa main faiblit, qu'il doute, qu'il essaye de tirer d'autres fils au cas où sa vision originale ne soit pas si convaincante, que souvent son propos s'affaisse.
Le parti pris sur ce film est de raconter une histoire à hauteur d'enfant, et le réalisateur tient cette ligne jusqu'au bout.
Un peu comme dans ces cartoons américains où l'adulte n'est qu'une présence fantomatique et n'est jamais représenté entièrement en pied, les adultes sont souvent absents dans l'équation du film.
La toute mignonne Ida devient du coup peu à peu l’héroïne de l'histoire et chose assez extraordinaire, en tout cas je n'avais jamais rien vu de tel dans un récit sur l'enfance, elle est même confrontée à un choix moral.
Il faut dire à sa décharge que sa mère reste très évasive lorsque la petite lui demande ce qu'il faut faire quand les gens sont méchants, et ses préconisations ne sont pas adaptées à la situation.
Un peu comme Eliott qui doit endosser la responsabilité de sauver E.T car les adultes ne comprennent pas la situation dans sa globalité, Ida doit agir sans compter sur les adultes.
Et qui sommes nous pour juger Ida quand on a vu ce qu'elle a vu?
Je fais référence à Steven Spielberg, mais même si il est question de "magie" dans le film, le film est beaucoup moins "innocent" dans ce qu'il montre que les Goonies, ou E.T, le propos est proche de celui d'un film d'horreur.
Pourtant, le film maintient un vrai équilibre, ça n'est jamais malsain ou violent ( j'ai un souvenir malaisant du film Morse, un autre film Norvégien sur l'enfance qui me faisait redouter le pire).
Tout passe par les jeux d'enfants, ces jeux où on découvre et s'accapare le monde et ses propriétés.
Même si dans ce cas précis, ce que les enfants découvrent, ce sont des choses "extraordinaires", pour eux ça n'est jamais qu'une informations de plus, c'est plutôt pour nous autres adultes que c'est inquiétant.
On se surprend pendant le film à réagir comme l'adulte qui aurait envie de leur dire d'arrêter ses jeux parce que ça va très mal finir.
Et puis on se rappelle qu'un enfant n'a pas forcément conscience des limites et que la rationalité qu'on a acquise avec les temps, n'est qu'embryonnaire chez eux.
C'est vraiment une des grands forces du film, forcer le spectateur adulte à convoquer ses souvenirs d'enfants et se demander comment réagit un enfant confronté à ça.
En guise de Happy end le film rappelle Ida dans le monde rassurant de l'enfance, on la retrouve pleurant dans les bras de sa maman.
Tout ceci, on l’espère, n'était qu'un mauvais rêve pour elle.
Ce film est un petit miracle, je ne saurait que trop le conseiller.
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